Contexte
En 2017, j’ai engagé avec un collègue un chantier d’automatisation du prépresse chez Roto France Impression, sur un flux critique pour la production.
Le service prépresse, d’environ 10 personnes au démarrage, transforme les PDF clients jusqu’à l’imposition des plaques offset. C’est un périmètre à la fois très métier, fortement automatisable et directement sensible pour les délais clients.
Le projet intervient après l’abandon de ce segment par ESKO et le choix d’AGFA Apogee parmi plusieurs solutions. L’investissement est important, avec une suite annoncée à 220 k€ + 25 k€ / mois, sur un éditeur exigeant et une solution gourmande en ressources de calcul.
Rôle
- J’ai porté le projet avec un collègue et tenu le rôle principal sur l’intégration.
- J’ai interfacé le dossier de fabrication avec le flux métier d’imposition AGFA Apogee.
- J’ai traduit le fonctionnement prépresse en règles d’automatisation et en structure d’échange JDF.
- J’ai étudié une librairie Java JDF non documentée et les sources du projet de test fourni par le consortium pour reconstruire la structure technique attendue.
- J’ai conçu un robot Linux/Perl pour fiabiliser l’entrée FTP des PDF clients dans le flux.
- J’ai accompagné les opérateurs vers un fonctionnement où l’automatisation absorbe le standard et où l’humain garde la maîtrise des exceptions.
Périmètre / fonctionnalités
Le projet automatise une grande partie du flux prépresse entre les PDF clients, le dossier de fabrication et l’imposition Apogee.
Périmètre couvert :
- exploitation du standard JDF pour décrire les opérations métier ;
- échanges de données entre le SI interne et le flux Apogee ;
- interfaçage du dossier de fabrication avec le moteur d’imposition ;
- détection temps réel des PDF déposés, sur une logique proche d’un hotfolder ;
- contrôle de la nature des fichiers et de leur conformité de nommage selon les conventions clients ;
- robot Linux/Perl sous ProFTPD pour créer et organiser les comptes éditeurs par revue ;
- injection automatique des fichiers conformes dans le flux Apogee ;
- journalisation des dépôts pour la traçabilité ;
- maintien d’un contrôle opérateur sur les cas non automatisables.
Décisions / arbitrages
- J’ai choisi une intégration structurée via JDF plutôt qu’un empilement de scripts isolés.
- J’ai donné la priorité à une automatisation forte, sans sortir l’opérateur du processus de contrôle.
- J’ai retenu une approche hybride : automatisation maximale des cas standards, intervention humaine sur les exceptions.
- J’ai refusé le principe d’une infrastructure serveurs dédiée imposée par l’éditeur et obtenu l’intégration d’AGFA sur le socle serveurs interne.
- J’ai défendu cet arbitrage pour éviter la multiplication des coûts et conserver la maîtrise des choix d’infrastructure, avec des arguments techniques suffisamment solides pour convaincre AGFA.
Résultats / apports
- Couverture de plus de 80 % de la production prépresse.
- Passage d’environ 30 minutes par dossier à un traitement majoritairement instantané pour les dossiers automatisables.
- Opérateurs recentrés sur le contrôle et les compléments non automatisables.
- Traçabilité renforcée des dépôts clients, avec résolution de litiges lorsque des pages ont été envoyées après la deadline.
- L’arbitrage d’infrastructure reste valide dans le temps, sans multiplication inutile des environnements techniques.
- Le projet a créé une surprise positive chez AGFA lors de l’interfaçage avec leur flux métier.
- Dans le groupe, le standard JDF n’est pas implémenté au même niveau malgré l’existence de solutions éditeurs.
- Le projet a renforcé l’image de professionnalisme de l’entreprise et a influencé la vision ensuite formalisée dans Octobloc.